Jobs


Ce biopic de Joshua Michael Stern a été présenté cette année en clôture du festival américain du film indépendant Sundance. Un deuxième biopic est en cours d'écriture pour les studios Sony avec l'aide de Steve Wozniak, également co-fondateur d'Apple. 

Jobs retrace tout d'abord les débuts de Steve Jobs. Rencontrant des difficultés pour choisir ses disciplines, Steve Jobs abandonne ses études, puis, débute chez Atari où il se rend compte qu'il est incapable de travailler pour les autres... Accompagné de Steve Wozniak l'ingénieur, alias Woz, et d'une petite équipe d'amis, ils débutent dans le garage des parents adoptifs de Steve Jobs et créent l'Apple I. Grâce à la pugnacité de Steve Jobs, Mike Markkula décide d'investir dans la société. 

Dès le début du film, l'accent est mis sur la personnalité complexe de Steve Jobs, incarné par Ashton Kutcher. Le jeune homme est un baba cool négligé qui entend bien être libre. Il a beaucoup d'idées que Woz met en oeuvre. Dès leur première collaboration, il n'hésite pas à arnaquer son ami. Jobs est celui qui sait convaincre et négocier avec sa perception visionnaire de l'informatique utile, tandis que Woz est l'homme de l'ombre. Tyrannique et égoïste, Steve Jobs se retrouve vite seul, aussi bien sur le plan professionnel que personnel. Affecté par le fait d'avoir été abandonné par ses parents, il rompt avec sa fiancée lorsque celle-ci lui annonce qu'elle est enceinte et refuse de voir sa fille, Lisa. 

Les difficultés de l'entreprise sont également mises en avant : les coûts des créations sont onéreux (Apple Lisa, Macintosh, etc.), le temps manque et il faut faire face aux concurrents IBM et Microsoft (la rivalité avec Bill Gates est à peine ébauchée). En 1983, Steve Jobs souhaite s'entourer des meilleurs et débauche John Sculley, directeur général de Pepsi-Cola. En 1985, écarté par le conseil d'administration, Steve Jobs quitte Apple et fonde NeXT. En 1997, Apple rachète sa société et Steve Jobs est nommé directeur général par intérim. Les changements de direction et les coups bas rythment la deuxième partie du film et tiennent le spectateur en haleine. Le travail de design des produits Apple est évoqué à la fin du film, lorsque Steve Jobs envisage son retour. Les années 2000 ne sont pas traitées (iPhone, iTunes et iPad) mais le film commence par un flashforward: la présentation de l'iPod en 2001 devant des employés d'Apple en liesse. Cette scène souligne la capacité d'innovation de Steve Jobs, sa volonté de mettre la technologie au service de l'homme, comme un prolongement de ce dernier.

Le film a été mal accueilli par la critique. Steve Wozniak pointe de trop nombreuses inexactitudes, notamment sur les raisons du renvoi et les failles de Steve Jobs concernant la gestion et l'exécution des produits. Il n'est pas évident de compacter une vie en un peu plus de 120 minutes et il est nécessaire de faire des choix pour réaliser un biopic. Celui-ci ne ravit pas les puristes, mais constitue malgré tout un honnête film qui est loin de déshonorer le genre.

En attendant de pouvoir comparer les deux biopics, pourquoi ne pas lire la biographie officielle de Walter Isaacson sur laquelle sera basé le deuxième film? 


                                           "Soyez insatiables. Soyez fous."


                                        Ashton Kutcher incarne Steve Jobs.


Extrait de Jobs: la naissance d'Apple



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