Le quai de Ouistreham


Dans Le quai de Ouistreham, la journaliste Florence Aubenas, témoigne de son expérience de demandeur d'emploi dans le Calvados. Alors que la France subit la "crise", de février à juillet 2009, Florence Aubenas se crée une nouvelle vie sans pour autant changer d'identité, elle ne sera d'ailleurs jamais reconnue.  Son profil de femme divorcée qui n'a jamais travaillé, sans expérience et sans qualification, engage les conseillers du Pôle emploi à l'orienter vers les offres des services d'entretien, autrement dit "femme de ménage".

Son accès à l'emploi est semé d'embûches et se heurte à l'absurdité du système: impuissance du Pôle emploi et des agences d'intérim,  forums des métiers et trains de l'emploi pipés, formations bidons auxquelles les employés précaires ne peuvent se rendre et destinées à faire baisser les statistiques du chômage... Les personnes qu'elle rencontre, les "précaires", sont voués à vivoter et certaines d'entre elles voient en la crise une invention de toutes pièces destinée à justifier l'absence d'emploi.

Les postes proposés dans cette région sinistrée - Moulinex et la Société Métallurgique de Normandie ont fermé leurs portes à la fin du XXeme siècle - sont rares et les postulants doivent a contrario s'armer de patience, être rapides et corvéables à souhait.
Dans un rythme effréné, Florence Aubenas alterne les postes de femme de ménage sur le ferry de Ouistreham, dans un camping et une entreprise. Partout, le travail s'avère d'une extrême dureté, les consignes absurdes et inapplicables dans le temps imparti.

Enfin, à travers cette expérience, avec au bout du chemin le décrochage du précieux CDI, la dénonciation de la déshumanisation du personnel d'entretien qui erre tels des êtres invisibles au milieu des autres, vivants.





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