Black Swan


Ballerine dans la troupe du New York City Ballet, Nina (Natalie Portman), jeune femme qui approche de la trentaine, décroche enfin le rôle principal de son ballet préféré, Le Lac des cygnes de Tchaïkovski.

Si Darren Aronofsky livre un thriller angoissant, filmé caméra à l'épaule et basé sur un jeu de miroirs où l'héroïne s'avère être sa pire ennemie, la force du film tient davantage de sa réflexion sur l'art. Comment incarner un rôle, faire corps avec son personnage?

La maîtrise technique de Nina n'est pas suffisante. Trop bonne élève, il lui manque la sensualité, le lâcher prise, incarnés par la rivale Lily (Mila Kunis). Prisonnière d'elle-même et de son corps, Nina ne peut faire passer l'émotion. Cette difficulté est d'autant plus mise en relief par les angoisses de la danseuse: l'angoisse de l'âge et la peur de la blessure qui menacent une carrière qui ne tient qu'à un fil.

La quête de perfection de la ballerine l'amène à la folie. En effet, l'incarnation du rôle et le travail de l'artiste constituent, dans Black Swan, un idéal mortifère. Pour Nina, la perfection et la transcendance ne se trouvent que dans l'ascèse, le sacrifice de soi.





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