La Belle et la Bête de Bill Condon

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La Belle et la Bête est le 5e remake en prise de vue réelle d'un long métrage d'animation Disney. A partir de La Belle et la Bête de Gary Trousdale et Kirk Wise (1991), Bill Condon offre une version modernisée du conte et rend hommage au genre du film musical. 

La musique est toujours signée Alan Menken, compositeur qui a contribué aux succès de nombreux films d'animation Disney parmi lesquels La Petite sirène, Aladdin, Pocahontas, Le Bossu de Notre-Dame et plus récemment Raiponce. L'adaptation suit la partition originale mais l'orchestration a été retravaillée par Alan Menken qui a également composé trois nouvelles chansons. Par ailleurs, les paroles des chansons écrites en 1991 par Howard Ashman et Tim Rice ont été légèrement modifiées. Elles sont interprétées par les comédiens. 

L'actrice britannique Emma Watson incarne une Belle moderne "aussi rebelle que belle" qui évolue dans un "monde trop petit" et souhaite "s'envoler de ses propres ailes" (reprise de la chanson Belle). Elle se heurte en effet à la société machiste lorsqu'elle tente d'apprendre à lire à une petite fille. Tout en étant féminine, Emma Watson est légèrement négligée avec sa robe relevée de paysanne. Sans peur, elle jette son père en dehors du cachot pour prendre sa place. Héroïne féministe, elle est incomprise par les villageois car en avance sur son temps. Elle est pour eux "étrange", "fantasque" et "bizarre" (chanson Belle). Belle reste tout de même une héroïne romantique qui veut "vivre ses rêves" et lit Roméo et JulietteCette mention constitue d'ailleurs une entorse au cadre spatio-temporel indéterminé avec la mention de Shakespeare et de la légende arthurienne (autre lecture de Belle dans le château de la Bête).

Sur le plan du récit, Bill Condon reprend le même procédé que dans Maléfique en proposant un passé fictif aux deux mères des héros. Ces ajouts ne modifient en rien le récit initial mais contribuent à humaniser la Bête qui a subi la mauvaise influence de son père à la mort de sa mère. De son côté, grâce à son nouvel ami, Belle apprend comment est décédée sa mère. Cette dernière a succombé à une maladie contagieuse, son père ayant fui après la naissance de Belle pour la protéger de la maladie.

Enfin, le fou incarné par Josh Gad est amoureux de son maître Gaston. Une polémique autour du "moment gay" a éclaté en Malaisie (la scène où le fou s’interroge sur ses sentiments a été censurée et le film dispose d'un avertissement pour les moins de 13 ans) et en Russie (le film est interdit aux moins de 16 ans) ! Le personnage du fou a en effet été revisité : il idolâtre son maître et essaie de détourner son attention de Belle. Quelque peu efféminé, son jeu repose sur des allusions, l'homosexualité n'étant pas franchement assumée. Une première pour un personnage Disney (le fou dansera avec un homme dans la scène finale du film). Autre élément contribuant à moderniser le conte, la présence de personnes noires (le libraire et Plumette) apportant un peu de diversité au sein de la population.

Cette adaptation pose un regard neuf, ce n'est pas qu'une simple copie comme Cendrillon de Kenneth Branagh (2015) même si Bill Condon a presque refait plan par plan les séquences mettant en scène les fidèles serviteurs objets. Le personnage de Belle est actualisé et sied à merveille à Emma Watson, ambassadrice de bonne volonté d'ONU Femmes. 


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Emma Watson, une Belle moderne et rebelle

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