Le Journal de mon père de Jirô Taniguchi


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Edité en recueil en 1995 au Japon, la première édition française du Journal de mon père est parue en 3 tomes (1999-2000) chez Casterman.

C'est avec émotion et pudeur que Jirô Taniguchi aborde le thème poétique du retour au pays natal. Le héros, Yoichi, a volontairement tiré un trait sur son passé et la ville de son enfance, Tottori. L'annonce de la mort de son père va réveiller en lui de douloureux souvenirs. Le divorce de ses parents qui fut une véritable déchirure entre l'abandon de la mère, le mutisme du père et le refuge du jeune garçon dans le sport. C'est la raison pour laquelle Yoichi choisit de partir effectuer ses études de photographie à Tokyo, loin des siens.

Ce drame familial permet à l'auteur d'explorer d'autres thèmes: celui de la mémoire et de la filiation, l'incapacité à communiquer et à se comprendre. Comme dans Un Ciel radieux (Casterman, 2006), le père se tue au travail dans un souci d'honneur au risque d'attirer l'incompréhension des siens. Bien avant le décès du père, le thème de la mort est omniprésent, à travers la première expérience de la mort de Yoichi lors du décès de Chiro, la chienne bien-aimée. 

Lors de son retour, pendant la veillée funèbre, le héros remonte le fil de sa mémoire avec l'aide bienveillante de ses proches. Il découvre son père et sa gentillesse, une facette jusque-là méconnue. Cette gentillesse fait doucement écho à ce souvenir paisible où le petit Yoichi jouait calmement avec ses voitures sur le plancher du salon de coiffure de son père.

Taniguchi Le Journal de mon père

Dans ce récit chapitré, entre présent et passé, Jirô Taniguchi traite du regret, toujours avec sensibilité, et offre une ode à la cellule familiale et au pays natal ancrés dans nos coeurs. 

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