Ma part du gâteau


Après Les Femmes du 6e étage de Philippe Le Guay, l'heure est plus que jamais aux comédies sociales centrées sur le personnage-phare de la femme ou de l'homme - aujourd'hui sort en salle Mon père est femme de ménage de Saphia Azzeddine - de ménage!

Dans Paris (2008), film choral, Cédric Klapisch a entrecroisé des instants de vie de plusieurs personnages. Avec Ma part du gâteau, il se concentre autour de deux figures antithétiques : France, employée dunkerquoise fraîchement licenciée, et Steve, odieux trader à qui tout semble réussir. 

Dès le générique, Klapisch oppose  les deux milieux, la France d'en bas incarnée d'ailleurs par France (l'usine, le chômage, la province, le train, la famille et les amis)  et la France d'en haut représenté par Steve (la banque, la réussite, la ville, l'avion, les femmes et les contacts).  Si leurs différences semblent les rapprocher dans un premier temps,  ils sont très vite rattrapés par leur condition sociale. Comment se comprendre lorsqu'on ne parle pas le même langage et ne possède pas les mêmes codes? France a le sens du sacrifice et de la famille tandis que Steve est un individualiste arrogant qui ne respecte rien ni personne. Le film verse parfois dans le manichéisme, mais Karin Viard cabotine à merveille, avec cette candeur un peu surjouée qui révèle tout son potentiel comique. Gilles Lellouche, déjà trader dans Krach de Fabrice Genestal (2009),  joue son rôle de salaud jusqu'au bout, même si le spectacteur essaie naïvement de croire en une possible rédemption.

L'opposition peut paraître simpliste, mais c'est à travers sa fin inattendue que le film trouve toute sa force :  la solidarité contre la solitude...




              

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