mardi 26 mai 2015

Le Roi Arthus

De gauhe à droite: Lancelot, Arthus et Genièvre.

Le Roi Arthus, opéra du français Ernest Chausson (1895), vient d'entrer au répertoire de l'Opéra de Paris. Influencé par Wagner, Chausson  est aujourd'hui encore méconnu.
Il travailla plus de 7 ans à son unique opéra Le Roi Arthus qui s'inspire des amours funestes de Genièvre (la mezzo-soprano Sophie Koch) et Lancelot (le ténor Roberto Alagna) et exploite différents thèmes: l'honneur, la faute, l'amour et le pardon. Trahi par Lancelot, Arthus (le baryton américain Thomas Hampson) lui pardonne. Les valeurs morales l'emportent dans ce drame humain dans lequel Arthus est le symbole de la foi chrétienne.
La mise en scène de l'Anglais Graham Vick est beaucoup critiquée. Arthus et Lancelot ont troqué leur cotte de mailles contre le look mi-rebelle mi-bûcheron. Les châteaux et fortifications laissent place à une humble maison au mobilier moderne mise à mal au fil des actes. Rien de choquant pour une légende aux thèmes universels. 

Philippe Jordan Direction musicale
Graham Vick Mise en scène
Paul Brown Décors et costumes 
Adam Silverman Lumières
José Luis Basso Chef des choeurs 

Sophie Koch
Genièvre
Thomas Hampson
Arthus
Roberto Alagna
Lancelot
Zoran Todorovitch
(8, 11, 14 juin)
Lancelot
Alexandre Duhamel
Mordred
Stanislas de Barbeyrac
Lyonnel
François Lis
Allan
Peter Sidhom
Merlin
Cyrille Dubois
Un Laboureur
Tiago Matos
Un Chevalier
Ugo Rabec
Un Écuyer
Orchestre et Choeur de l’Opéra national de Paris

Opéra Bastille - Mai-Juin 2015

mercredi 6 mai 2015

Blue Spring Ride


Lors de son entrée au lycée, Futaba décide de changer de personnalité afin de se faire des amies. Pour éviter la jalousie des filles, elle devient un garçon manqué. Cette stratégie est un succès jusqu'au jour où elle retrouve Tanaka, le garçon dont elle était amoureuse au collège et qui s'était mystérieusement volatilisé. 
L'intérêt de ce shojo n'est pas dans la romance mais dans la description de la vie lycéenne et de ses dures lois. Le réflexe clanique qui pousse Futaba à changer de personnalité est assez révélateur de cette période de l'adolescence où le jeune s'identifie d'abord à un groupe. Un beau premier tome sur la construction de l'identité adolescente. 

samedi 25 avril 2015

Ancien malade des hôpitaux de Paris


Dans ce "monologue gesticulatoire", le docteur Galvan raconte à un interlocuteur inconnu (nous ne dévoilerons pas son identité car elle est révélée dans la chute) sa folle nuit aux Urgences où un mystérieux patient enchaîne une floppée de symptômes plus effrayants et spectaculaires les uns que les autres. Difficile de poser un diagnostic! Le docteur Galvan traîne son patient de service en service et de spécialiste en spécialiste. Impossible d'en dire plus : la chute est surprenante et bien pensée. 
Ce texte est hilarant, mordant et très juste : un petit bijou d'humour noir en milieu hospitalier! 

Il est actuellement joué par Olivier Saladin au Théâtre de l'Atelier à Paris.


Olivier Saladin dans Ancien malade des hôpitaux de Paris Théâtre de l'Atelier Affiche


Enfin, la première de couverture de Manu Larcenet qui a mis en dessin Journal d'un corps en 2013 reflète parfaitement l'esprit du texte!

mercredi 18 mars 2015

La "FAC", une illusion d'avenir?


Dans La "FAC", une illusion d'avenir?  Comment la médiocratie l'emporte sur l'excellence!, Alexandre O'Mil pointe les dysfonctionnements des universités françaises (l'auteur enseigne depuis 1976 et écrit sous pseudonyme).

Il mentionne les abandons en première année dus au manque de suivi et à une adaptation lycée-université difficile (20 à 25% des étudiants décrochent après le premier semestre de Licence). Les bacheliers ont encore du mal à écrire, rencontrent des problèmes de méthodologie et de lecture de consigne. Alexandre O'Mil révèle que certains directeurs de recherche réécrivent les thèses de leurs doctorants... Selon lui, les programmes du lycée abordent des notions trop complexes au détriment des bases. Il relance le débat sur les notes, sanctions immédiates dans un temps donné qui n'équivalent pas à l'évaluation d'un savoir.
Les enseignants doivent faire face à une nouvelle génération d'étudiants parfois contestataires. Alexandre O'Mil déplore la disparition de l'écriture au profit des écrans et l'illusion de l'acquisition du savoir sur internet à l'heure où l'université limite le présentiel. 

La fac cloisonne les disciplines et n'est pas adaptée au monde du travail. L'auteur note l'absence de reconnaissance des étudiants qui sont embauchés en dessous de leur qualification. Ces étudiants sont devancés par ceux des classes préparatoires et des grandes écoles.

Alexandre O'Mil se penche sur la recherche et le statut des enseignants-chercheurs. Selon lui, être enseignant constitue un frein au développement de la recherche. Il décrit l'enseignement et la recherche comme deux activités contradictoires car l'enseignant doit se baser sur du sûr, du certain tandis que le chercheur travaille sur l'inconnu et l'incertain. Etre enseignant-chercheur équivaut à deux temps pleins... Tout au long de l'ouvrage, l'auteur critique en effet le statut des professeurs. Ces enseignants "à vie" n'ont pas eu de formation et ne mettent pas forcément à jour leurs connaissances. Dans le chapitre 46, il propose des modifications de l'organigramme et des modalités de promotion (il dénonce le système de cooptation).

Alexandre O'Mil décrit également les modes de financement des universités et des laboratoires. Ces derniers financés par des industriels doivent obtenir leur aval pour publier leurs travaux.  Le travail de recherche peut être entravé et n'est pas toujours valorisé.

L'auteur conclut sur des conseils destinés aux futurs étudiants. Même si on peut parfois regretter le ton rempli d'indignation qui n'est pas toujours pertinent, nous sentons une réelle volonté d'amélioration de la part de l'auteur. Il dépasse les constats en amenant des propositions. 

Je remercie l'opération Masse critique de Babelio pour l'envoi de cet ouvrage.

jeudi 12 mars 2015

La place des contes dans les programmes scolaires

Mon article La place des contes dans les programmes scolaires est disponible en ligne dans la revue Agôn (ENS de Lyon) :

http://agon.ens-lyon.fr/index.php?id=3144

Cet article est en lien avec ma thèse:  
Contes "féminins" et transferts médiatiques : perspectives culturelles et pédagogiques.

lundi 9 mars 2015

Les nouveaux héros


San Fransokyo: Tadashi est un brillant étudiant qui a conçu Baymax, un robot capable d'analyser et de soigner les humains. Hiro,  le petit frère de Tadashi réussit son entrée à l'université grâce à sa création  de micro-robots.  Mais son invention fait des envieux...

Le nouveau film d'animation Disney surfe sur la vague des super-héros et exploite de nombreux thèmes  : la famille, le deuil, l'amitié, l'innovation, les nouvelles technologies futuristes et même la propriété intellectuelle!

Si l'histoire de super-héros et les scènes d'action sont assez classiques, l'intérêt du film réside dans le personnage très réussi de Baymax, le robot bibendum qui a du mal à se mouvoir! Ses difficiles déplacements constituent les principaux moments comiques du 54ᵉ classique d'animation des studios Disney.

Enfin, la ville inventée, fusion de San Francisco et de Tokyo, est esthétiquement remarquable. Les maisons typiques de San Francisco sont rehaussées de toits bouddhiques,  le cable car circule au milieu des cerisiers en fleurs, le Golden Gate Bridge est revisité façon torii et l'université se situe sur un campus futuriste. San Fransokyo: la ville de demain? 

samedi 28 février 2015

Timothé Poissonnet dans Le Bocal

Timothé Poissonnet dans Le bocal La Cible Affiche

C'est avec une belle énergie que Timothé Poissonnet croque notre société et joue avec les préjugés et les stéréotypes. Il brasse de nombreux sujets sans avoir peur de passer du coq à l'âne dans un one-man show très complet : sketchs, danse et même magie!
De bonnes blagues, des répliques qui font mouche, de bons choix musicaux et une séquence très subtile et riche en jeux de mots sur la langue française et les grands auteurs. 
L'interaction avec le public est favorisée par la convivialité de la salle. Timothé ne loupe pas sa cible: public, foncez découvrir ce jeune talent!

Le Bocal: les jeudis soirs au Théâtre La Cible, Paris.

vendredi 27 février 2015

THÈSE : Contes « féminins » et transferts médiatiques : perspectives culturelles et pédagogiques.


Début le 01/10/2014


Sous la direction de Patricia Eichel-Lojkine (PR Littérature française, U. Maine) et  de Laurent Bazin (MCF Littérature française, U. Versailles Saint Quentin)

Notre enquête porte sur les contes « féminins » à l’épreuve des transferts médiatiques. Elle s’inscrit dans une démarche culturelle et pédagogique (enseignement secondaire). L’étude est centrée sur des héroïnes de contes traditionnels (Perrault, Mme Leprince de Beaumont, Grimm, Andersen) dont la postérité a été assurée par le biais de transpositions artistiques (musique, opéra, théâtre, cinéma).
Le corpus d’étude comprend principalement des textes « classiques » (XVIIe-XIXe siècle) et des adaptations filmiques ou animées modernes (de 1959 à 2014). Ce travail de mise en réseaux didactique permet de s’interroger à la fois sur les pratiques de « transécriture » (les processus de migration des récits) et sur les modèles et itinéraires féminins véhiculés par ces réemplois et réactualisations. Nous nous intéressons aux changements de supports (intermédialité) et à leur intérêt didactique en nous appuyant sur des illustrations classiques ou contemporaines (éditions pour la jeunesse), sur des compositions musicales et des œuvres dramatiques. L’intérêt porté aux échanges transmédiaux nous conduit à interroger les contraintes médiatiques ou génériques, les choix opérés par les artistes ainsi que les évolutions du contexte de production qui tend actuellement vers une polyexploitation commerciale. Nous effectuerons une analyse textuelle comparative des histoires de fuite et de quête des héroïnes. En parallèle, nous étudierons les adaptations filmiques et  animées (Cocteau, Demy, Gans, La Fleur écarlate d’Atamanov et les productions Disney), miroirs de nouveaux modèles de conduite féminins.

Plus d'informations ICI.

dimanche 25 janvier 2015

Aimer n'est pas jouer


Dans ce court roman jeunesse, Aline, une collégienne, rêve de devenir comédienne avec son ami Cédric. Ses parents sont mariniers et Aline a l'habitude de passer ses vacances sur la péniche. Mais cet été-là, elle voudrait effectuer un stage de théâtre avec Cédric. Malheureusement, les relations entre ses parents sont difficiles : sa mère a quitté la péniche et l'adolescente doit aider son père... 

Un prenant récit initiatique bien écrit sur l'adolescence, les choix d'avenir à défendre et la liberté. C'est avec sensibilité qu'Anne Mirman parle d'amour, d'amitié et de rupture. 

mercredi 31 décembre 2014

Une année au lycée

Année au lycée (Une)


Dans Une année au lycée, Fabrice Erre, professeur d'Histoire géographie, témoigne du quotidien en milieu lycéen. Tout y passe: l'aquoibonisme des jeunes, les difficultés de transmission du savoir, le conflit de génération, l'inspection, le caractère parfois absurde des conseils de classe et des bulletins de notes, etc. Cette suite d'histoires aux chutes désopilantes sonne très juste: les différentes situations  - bien connues des professeurs! - sont criantes de vérité. Fabrice Erre transforme la classe en une gigantesque cour de récré. Si les difficultés sont bien là, il les affronte avec un sens de l'humour décapant!



mercredi 12 novembre 2014

Berceau


Le romancier Eric Laurrent livre une œuvre très personnelle avec ce récit autobiographique sur l’adoption de son fils Ziad au Maroc. Récit d’une rencontre, celle des parents adoptifs avec leur enfant, autant que récit d’un amour et d’un émerveillement. 

Dans un style érudit, l’auteur livre ses réflexions et ses sentiments : s’il n’a jamais vraiment eu envie de donner la vie ou d’imposer le jour à « un ennemi » (sic), il voit en l’adoption un moyen de sauver une vie. Cette démarche, souvent difficile, l’est ici davantage car les événements du Printemps arabe rendent les enfants marocains difficiles à adopter pour les étrangers. 

Mais Eric Laurrent signale d’autres écueils : celui du hasard de l’attribution d’un enfant, de l'origine et de l’attachement. Les parents adoptifs, heureux d’avoir vaincu la loi naturelle, aiment immédiatement cet enfant qui n’est pas le leur. 

Berceau est l’histoire d’un double émerveillement : celui de Ziad au monde et celui de l’auteur devant son fils. Un très beau récit sur la révélation de la paternité. 

lundi 20 octobre 2014

Budori, l'étrange voyage


Budori est un jeune chat qui vit heureux avec sa famille dans la forêt de Tohoku. Le bonheur est de courte durée en raison de mauvaises conditions climatiques et de la famine qui fait rage. Après la disparition de ses parents puis de sa soeur, Budori va devoir faire face seul. Son apprentissage de la vie va essentiellement passer par le travail. Après plusieurs années de galère, Budori va trouver sa place à l'université et devenir vulcanologue.

Au gré des rencontres, Budori grandit. Il est entouré de personnages secondaires attachants qui vont tous lui apporter quelque chose. Le film retrace son apprentissage et sa quête. Car Budori désire retrouver sa petite soeur Neri, enlevée par un étrange sorcier. 

Les scènes sont tour à tour réalistes, fantastiques et oniriques. Le charme du film réside dans le non-dit. De nombreuses questions restent sans réponse et c'est tout l'intérêt de ce film mystérieux.

Graphiquement, c'est également une réussite: les décors de la campagne et de la ville fourmillent de détails. Les scènes "fantastiques" sont très enlevées et en contraste avec les autres, plutôt descriptives et lentes. Enfin, la musique joue un rôle important et accompagne le personnage tout au long de son chemin. 

Budori n'aura de cesse de vouloir améliorer les conditions de vie dans ce monde hostile. Par conséquent, le message délivré est très positif: il faut s'aider les uns les autres. Bel itinéraire que celui de ce chat anthropomorphe!