dimanche 19 décembre 2010

Décès de l'immortelle Jacqueline de Romilly


L'académicienne et spécialiste de la Grèce antique est décédée samedi 18 décembre 2010. Elle fut la deuxième femme à entrer à l'Académie française (après Marguerite Yourcenar) et la première professeure à enseigner au Collège de France.

 
Selon elle, "toute la morale politique et la philosophie hellènes visent à la clarté et à l'universel", expliquant ainsi le caractère  impérissable de l'influence des textes de la Grèce antique.
 

lundi 6 décembre 2010

L'Homme qui marche

Jirô Taniguchi



Cet album pourrait se résumer ainsi : prendre le temps, prendre son temps.

Prendre le temps d'observer le paysage, la ville, ses coins et ses recoins. Prendre son temps - sans le perdre, loin de là - sans hâte se rendre tranquillement sur son lieu de travail, descendre une station avant pour profiter du décor.

Les dessins de Taniguchi sont très minimalistes, les balades, les errances et découvertes sont pour la plupart silencieuses, comme si cette plénitude se vivait à défaut de s'écrire. Observer, découvrir, lutter contre la vitesse imposée et devenir ainsi moins ignorant de son environnement.

Alors que l'adaptation cinématographique de Quartier lointain est sortie ce mois-ci, pourquoi ne pas suivre également cet homme erratique et contemplateur mais jamais oisif?



samedi 4 décembre 2010

Actualité littéraire


26e édition du salon du livre et de la presse jeunesse à Montreuil du 1er au 6 décembre 2010



lundi 22 novembre 2010

Les Petits Mouchoirs de Guillaume Canet

Actuellement au cinéma: 4 semaines et 4 millions d'entrées




Malgré un prometteur Mon idole, entièrement d'accord avec Télérama qui ne croit pas au talent de Canet en tant que réalisateur: un casting bankable pour attirer le chaland, une bande originale dénuée d'originalité et tire-larmes, une bonne dose de surjeu pour faire rire et un dénouement mélodramatique prévisible dès le commencement du film...

Pour l'hebdomadaire, le film « aussi vide qu'est grande sa prétention à faire date » malmène les personnages:

Ont-ils le droit d'être aussi antipathiques, lourdement caricaturés, et désespérément incultes ? On sait que non. On a rarement vu, dans un film aussi long, des personnages évoluer si peu : dessinés à gros traits, ils ne bougent pas d'un iota, à l'image de François Cluzet répétant ad nauseam ses mimiques de psychorigide friqué. Ne faire qu'une fois une scène quand on peut la reproduire trois ou quatre fois, ce serait gâcher une idée.

                           Citation extraite de la critique d'Aurélien FERENCZI

En effet, qui se reconnaît dans ces personnages trentenaires-quarantenaires se comportant comme des jeunes de 20 ans (alcool, fumette, histoires de fesses et fausse amitié pour le moins intéressée)? Obnubilée par ses petits problèmes sentimentaux, la "bande de potes" ne change rien à ses petites habitudes malgré un copain gravement accidenté, et se rend comme tous les ans en vacances. C'est bête hein quand on se rend compte trop tard que le bon vieux pote qu'on adore est **** comme un chien?! Ah, le mot de la fin laissé à Jean-Louis l'ostréiculteur (ami de Canet, premier rôle à l'écran), la voix de la sagesse!



De petits egos pour un hymne à notre société individualiste et narcissique... Sortez vos petits mouchoirs!

dimanche 31 octobre 2010

Il reste du jambon? d'Anne Depetrini


Il reste du jambon? nous rappelle Mauvaise foi de Roschdy Zem où le couple mixte juive/musulman incarné par Cécile de France et Roschdy Zem affrontait les mêmes problèmes de couple liés à leur différence d'origine culturelle, religieuse et sociale.


Dans Il reste du jambon?, le couple n'attend pas d'enfant mais doit tout de même faire face à de nombreux sujets de discorde: jambon VS mouton et problématique intégration dans la famille de l'être aimé. Anne Depetrini, compagne à la ville de Ramzy Bédia, nous livre un film quelque peu autobiographique et utilise à bon escient le comique de situation et de caractère. Les personnages quelque peu grotesques viennent amplifier les oppositions entre famille française bourgeoise et famille musulmane d'une banale cité du 92. Mais les deux familles, bourrées de préjugés, se ressemblent finalement beaucoup. Si l'intrigue tourne autour des deux tourtereaux et l'efficace humour de Ramzy (surtout dans les quinze premières minutes du film), les seconds rôles pimentent les scènes: Eric Judor en vigile raciste, Jean-Luc Bideau en intello barré, Marie-France Pisier et Biyouna, belles-mères extravagantes, Géraldine Nakache, la copine envahissante et Leïla Bekhti à nouveau petite soeur rebeu à la langue bien pendue (Mauvaise foi).

Un film divertissant qui s'inscrit dans la veine des comédies sociales actuelles, mais qui n'en renouvelle pas le genre: Dieu est grand, je suis toute petite, Mauvaise foi, Tout ce qui brille...


Il reste du jambon ?
Anne Marivin et Ramzy Bedia

lundi 18 octobre 2010

Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu de Woody Allen


Après l'excellent Whatever works, Woody Allen récidive pour notre plus grand plaisir. En effet, il reprend et développe les thèmes de son précédent film: couples en déliquescence, peur de la vieillesse et de la solitude, médiocrité et faiblesse des hommes. Toujours dans une ambiance comique à la limite du grotesque.

La galerie de personnages est encore une fois absurde mais tellement vraie! La dépressive Helena ne se remet pas de son divorce mais va trouver la paix grâce à Cristal (une voyante qui lui dit ce qu'elle veut entendre), Roy est un écrivain raté et imposteur, Alfie, ex-mari d'Helena, est un retraité en quête de chair fraîche courant après sa jeunesse perdue, Sally désire un enfant et la reconnaissance professionnelle, alors que son patron Dom Juan et la poule de luxe de son père s'amusent de leur pouvoir de séduction.

Ces anti-héros, malheureux en amour et plus généralement dans la vie, cherchent à tromper leur solitude avec un nouveau compagnon. Mais cela n'a rien de facile! Oscar Wilde a dit "le mariage est la principale cause de divorce" et Sacha Guitry "le mariage est comme le restaurant : à peine est-on servi qu’on regarde dans l’assiette du voisin..." , il est indéniable qu'ils avaient raison!

mercredi 1 septembre 2010

Sexy Dance 3


Certes, le scénario est assez conventionnel : deux bandes rivales s'affrontent, la belle du camp des méchants "Samouraïs" infiltre le camp des gentils "Pirates", et tombe amoureuse de son leader... 
Mais ici, le combat s'effectue à grands coups de chorégraphies break dance dans un seul but : remporter le plus grand tournoi, la World Jam.

Voici enfin un film qui exploite au maximum les potentialités de la 3D : toutes les scènes de danse sont en 3D et jouent au maximum avec la profondeur et les effets de jaillissement. Les break dancers s'envolent dans les airs et nous propulsent dans leur univers artistique, celui des arts de rue.

Mais la danse n'exclut pas d'autres domaines, bien au contraire : Luke rêve de cinéma et Moose souhaite entamer un double cursus danse/ingénieur. Comme si la maîtrise de la danse permettait de croire enfin en ses rêves...


mardi 31 août 2010

mardi 10 août 2010

Petit aperçu de mon séjour en Crète


Je ne crains rien. Je n'espère rien. Je suis libre.
Nikos Kazantzakis

 
Le Palais de Knossos (période minoenne)

La salle du trône du Palais

Les vestiges du théâtre

Fresque "Prince au lis"



HERAKLION, VILLE MARQUEE PAR L'OCCUPATION VENITIENNE ET OTTOMANE



Eglise Agios Titos

Fontaine Morosini

Le marché pittoresque


VILLAGE DE BALI, CRETE DU NORD


La plage et le port


Littérature crétoise

-Nikos Kazantzakis (1883-1957) : Alexis Zorbas, La Liberté ou la mort
-Pandelis Prevelakis (1909-1986) : Le Soleil de la mort, Le Crétois

-Jacques Lacarrière (1925-2005), écrivain voyageur amoureux de la Grèce : L'été grec
-Henry Miller (1891-1980) : Le Colosse de Maroussi

Les meilleurs professeurs sont ceux qui savent se transformer en ponts, et qui invitent leurs élèves à les franchir.

NIKOS KAZANTZAKIS

mercredi 14 juillet 2010

Shrek 4, il était une fin


Que serait Fort Fort Lointain si Shrek n'avait pas délivré Fiona?

Dans cet ultime opus, Shrek, époux et père un brin lassé par sa vie bien rangée, rêve de redevenir l'ogre terrifiant qu'il était autrefois. Il signe un pacte avec le maléfique Tracassin : en échange d'un jour de sa vie, il va pouvoir récupérer son statut d'ogre effrayant. Mais propulsé dans un monde parallèle sous le règne du terrible Tracassin, la vie est loin d'être un conte de fées! Ses amis ne le connaissent pas et il doit reconquérir l'amitié de l'Ane, l'amour de Fiona et vaincre le despote.

Ce dernier épisode clôture à merveille les aventures de Shrek. Tous les ingrédients sont là : détournement des contes de fées tout en suivant leur schéma, dialogues acérés (mention spéciale aux répliques de l'Ane), personnages hauts en couleur et chouettes trouvailles comme par exemple les changements de perruque de Tracassin en fonction de ses humeurs.




Tous les personnages sont réunis et de nouveaux font leur apparition : Pinocchio, Petit Biscuit, Dragonne, les sorcières, Harold, Chat Potté ou plutôt Chat Potelé, l'oie géante et une tripotée d'ogres rebelles... Trois jolies références : le monde parallèle à la Carroll, Fiona en Xena la guerrière et le pastiche de la scène de La Belle et la Bête de Disney.

Enfin, le spectateur est davantage pris dans le feu de l'action grâce à la 3D, même s'il est préférable d'enlever les lunettes pour profiter au maximum des couleurs des scènes en 2D.

Consolons-nous car si l'ogre vert tire sa révérence, il laisse place au Chat Potté dont on attend avec impatience le spin-off.



Tracassin et sa perruque Grosse colère



Bientôt le spin-off Chat Potté...


vendredi 25 juin 2010

Quai d'Orsay, Chroniques diplomatiques


Christophe Blain et Abel Lanzac, Quai d'Orsay, Chroniques diplomatiques, Tome 1, Dargaud, 2010.

Abel Lanzac, le scénariste de cette bande dessinée, s'est inspiré de son expérience de conseiller du ministre des Affaires étrangères, Dominique de Villepin.

Immergé dans les coulisses du ministère, le lecteur découvre la mécanique de la politique internationale et la vie d'un cabinet ministériel. Si comme dans tous les milieux professionnels, le cabinet vit au rythme de coups bas et de crises (les rivalités entre ministères et  la pression médiatique en plus),  le charme de cette bande dessinée demeure Alexandre Taillard de Vorms, comprenez Dominique de Villepin, véritable personnage comique dessiné par Christophe Blain.

Arthur Vlaminck, jeune intellectuel, est recruté "aux langages" par le ministre (il va avoir la lourde tâche de réaliser ses discours). Le ministre apparaît comme un homme à la personnalité complexe. Cet homme, bourré de contradictions, semble agir au gré de ses caprices : perfectionniste insupportable, tyran peu crédible car trop cocasse par ses mimiques (la manière dont il stabilobosse les oeuvres, ses entrées "tornades"). Influencé par la littérature et ses amis artistes, il souhaite instiller dans ses discours les formules contradictoires des Fragments d'Héraclite! La politique internationale éclairée par la philosophie? De quoi rendre chèvre le pauvre Arthur, condamné à réécrire sans cesse des discours abscons! 

Comment naissent les communications politiques et à partir de quelles inspirations? Vous allez être surpris! Dans le bureau ministériel, les paroles du ministre, souvent incohérentes et contradictoires, se transforment par la suite en déclarations publiques ovationnées. Alors génie ou imposteur? A vous de trancher!


"Tintin", ce sont des enjeux énormes.


vendredi 28 mai 2010

La DER sur Paname des Fourmis le jeudi 3 juin‏


Pour fêter le débarquement le jeudi 3 juin à 20h, et ne pas laisser Sarko s'approprier cet événement, venez nombreux, chez Gudule, conso uniquement et participation financière libre, avant une tournée en province.

Le spectacle : Les Fourmis de Boris Vian.
Le rendez-vous : Le 3 juin 2010 à 20h, Chez Gudule, 65 Boulevard de la Villette à l'angle de la rue Vicq D'Azir. Metro colonel Fabien ou belleville resas conseillés.
Tel : 06 61 74 11 43
http://www.billetreduc.com/38938/evt.htm nombre de places limité.

Article d' Elena Baiges Roig:

Juste ces trois données devraient suffire à remplir cette salle libre et indépendante, qui devient un incontournable du Paris du XXIe siècle. Si Paris demeure une fête, c’est grâce à des initiatives comme celle de la Bande à Gudule. William Dreyfus, comédien passionné et charismatique, à la personnalité attachante, prête son corps et son talent à un soldat naïf dont le spectateur suit le parcours vital dès son débarquement sur les plages de Normandie. Pour donner à connaître l’œuvre de Boris Vian, la scène est un lieu privilégié.

William Dreyfus, en tant qu’homme de spectacle et pour qui "avec Boris Vian tout est possible", ne pouvait rester insensible au potentiel scénique de l’œuvre vianesque. La nouvelle possédant un ancrage spatio-temporel important (nous sommes sur les plages du débarquement allié pendant la seconde guerre mondiale), William Dreyfus entend que ce texte vibre d’une actualité accablante : « Les Fourmis, nous dit-il, c’est Sarajevo ». Il crée donc le spectacle pour des cafés, des collèges ou des bibliothèques. Puis, en septembre 2009, dans le cadre des hommages à Boris Vian lors du cinquantième anniversaire de sa mort précoce, il adapte Les Fourmis au théâtre. Toujours aux côtés de Laurent Mallamaci, metteur en scène mais aussi peintre, photographe et sculpteur reconnu, ils décident de garder les principes du café-théâtre, renonçant au décor, et conférant un rôle principal à la musique, à la lumière et aux accessoires.

W. Dreyfus se souvient de cette mise en scène de L’Écume des Jours qu’il a vue au collège et qui lui a donné l’envie de faire du théâtre. Or voici qu’avec Vian, il retrouve l’enfant qui reste en lui, mais surtout, il rend hommage à son père, lui qui a tant été marqué par le poids d’une injustice.

Les Fourmis, que vous pourrez voir le 3 juin, est une « lecture animée » où les images et gestes de BD se succèdent à un rythme frénétique, soutenu par une bande son qui aurait enchanté le Vian chroniqueur. La guerre, un des thèmes majeurs chez Bison Ravi, est le sujet de fond, mais c’est une guerre particulière, un point de vue nuancé, dans la ligne de l’humour vianesque. Dérisoire ? Surréaliste ? Théâtre de la cruauté ? Cabaret ? Oui, tout cela et encore plus.

Tous ceux qui ont déjà vu le spectacle seront au rendez-vous pour le revoir : Vian ne passe pas hélas tous les jours sur les scènes françaises. Vous ne l’avez pas encore vu ? Courez Chez Gudule le 3 juin !

vendredi 23 avril 2010

Alice, où es-tu?






Si le seul nom de Burton suffit à susciter la révération, nous ne pouvons tout de même pas tout accepter du roi...


En effet, si esthétiquement nous ne pouvons presque rien lui reprocher, il n'en demeure pas moins qu'il a sacrifié le contenu du récit merveilleux de Lewis Carroll au nom de l'effet de spectacle et nous livre des personnages carnavalesques inconsistants au langage invraisemblable et rarement drôle.


Tim Burton se perd dans le labyrinthe du conte carrollien et réduit le récit à une vulgaire et incohérente guéguerre de reines sans queue ni tête. Alice, la sauveuse en armure, est d'un coup catapultée dans une bataille digne d'un blockbuster qui tombe comme un cheveu sur la soupe...


Burton oublie l'essentiel, la poésie et le merveilleux inhérents au récit de Carroll. Son Alice est de ce fait insignifiante, déjà exsangue, et se débat sans grande conviction dans un univers proche du Monde de Narnia. Cette adaptation enfantine amputée de la substantifique moelle du récit original ne fait que révéler l'usure des éléments constitutifs du film burtonien: l'univers noir est hors de propos ici et la collaboration avec Depp semble avoir atteint ses limites... Bref, un univers visuel sombre et féerique - aussi original qu'il soit - ne peut se calquer sur n'importe quelle création cinématographique en dépit du fond.


A vaincre sans péril...