dimanche 22 juin 2014

Israël, Les blessures d'un destin



Grâce au réseau social de lecteurs Babelio et à l'opération Masse Critique, j'ai découvert les Éditions Nevicata et la collection L’Âme des peuples. J'ai reçu Israël, Les blessures d'un destin d'Aude Marcovitch, correspondante à Tel Aviv pour la RTS et Libération.

L'ambition de cette collection est d'être un "décodeur" et de revisiter l'image d'un pays. A travers les témoignages des citoyens de l'Etat hébreu, nous voyageons au cœur de la complexité israélienne.

Nous découvrons Moshe, espion du Mossad, qui regrette que le facteur humain ne soit pas assez pris en compte; les relations entre des parents laïcs et leur fille ultraorthodoxe;  Elimelech, ultraorthodoxe qui tente de concilier religion et actions militaires; le parcours de Mukhles, membre de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) et ses arrestations et incarcérations; les témoignages des soldats qui brisent le silence sur leurs expériences de terrain et la vie dans les colonies.

Les récits s'attachent également à l'architecture de Tel Aviv et ses nouveaux lieux festifs et bondés, ville innovante où fleurissent de nombreuses startups, et à son festival du Cinéma du Sud, créé en 2002 par Avner Faingulernt.

Enfin, ces témoignages sont suivis d'un entretien avec la sociologue Eva Illouz. Elle fait le point sur la situation actuelle et aborde la question religieuse et démocratique.

Le conflit israélo-palestinien est difficile à comprendre. Grâce à ce petit  livre qui se lit d'une traite, nous y voyons plus clair. Le retour historique est éclairé par le présent et permet d'appréhender Israël aujourd'hui.

Le plus: la bibliographie en fin d'ouvrage qui offre la possibilité d'approfondir ces pistes et le petit format du livre.

dimanche 1 juin 2014

Maléfique


Les studios Disney consacrent leur nouveau film au personnage de Maléfique, la méchante fée de La Belle au bois dormant. Sorte de prequel et de remake du long métrage d'animation de 1959, le film change d'héroïne et explique pourquoi Maléfique, gardienne de la forêt, est devenue méchante. Car la méchante n'est pas vraiment méchante! C'est une femme blessée dans son amour propre. Ici, Robert Stromberg invente ce qui était tu dans le premier long métrage inspiré de Charles Perrault et des frères Grimm. 

Hantée par un désir de vengeance, Maléfique fait d'Aurore sa proie. Cette version souhaite sans doute moderniser le conte en lui apportant une portée féministe, notamment en changeant le dénouement. Les personnages de la première adaptation sont repris. Pas d'évolution pour les hommes des histoires de princesses qui restent insignifiants : l'esclave de Maléfique est velléitaire et le prince Philippe ne sert... à rien!  Du côté des femmes, les fées sont tellement idiotes qu'on comprend pourquoi Aurore leur préfère la compagnie de Maléfique... 
Esthétiquement, les personnages sont bien travaillés et jouent sur les contrastes. Outre les couleurs qui les représentent, le visage poupon d'Elle Fanning s'oppose à celui anguleux d'Angelina Jolie. 

Cette réécriture de la fin du conte réhabilite le personnage de la méchante et tente de dépasser le manichéisme habituel propre à Disney. Ce conte au féminin explore la psychologie de Maléfique, femme complexe, et prouve que finalement il n'y a pas de véritable méchant(e) chez Disney!

                            


jeudi 29 mai 2014

Grace de Monaco



Après le succès de La Môme (2007), Olivier Dahan se livre à nouveau à l'exercice du biopic. Cette fois, il s'agit d'un biopic resserré sur une courte période. Lorsque Grace Kelly, maintenant Grace de Monaco, souhaite reprendre le chemin des tournages. Son ami, Hitchcock, lui propose le rôle de Marnie. Son statut de princesse n'est pas sans posé problème, d'autant plus que Rainier est dans une situation difficile. Il s'oppose à de Gaulle pour défendre l'indépendance de Monaco et doit faire face à un complot ourdi par sa sœur.

Nous suivons Grace mais d'une manière assez distante pour un biopic. La crise politique et les personnalités qui gravitent autour de la famille princière (Onassis et La Callas notamment) semblent intéresser davantage le réalisateur que les tourments de la princesse.  Le spectateur a du mal à entrer en empathie avec elle. Grace se résout assez facilement à abandonner sa carrière. Une dispute publique avec Rainier et ses discussions avec le Père Tucker sont les seuls moments où la princesse semble douée d'émotion - Nicole Kidman gonflée au botox, a perdu ses expressions.  Le reste du temps, elle paraît s'effacer derrière la famille princière. Le véritable destin d'une princesse?


jeudi 8 mai 2014

Journal d'un dégonflé de Jeff Kinney

Couverture Journal d'un dégonflé, tome 1 : Carnet de bord de Greg Heffley

L'originalité  de  ce  journal  relève  de sa  forme, un "carnet de bord" qui se distingue du "journal intime", un truc de filles, selon Greg. Ce carnet illustré témoigne des journées du collégien facétieux. Entre sa famille, son copain par défaut Robert et le collège, la vie de Greg n'est pas de tout repos. 

Dans la veine de Titeuf et des autres "sales gosses" de la littérature jeunesse, ce premier carnet de bord propose de bons moments d'humour. Les dessins et le récit s'accordent parfaitement et offrent un confort de lecture pour les plus jeunes. 

mercredi 7 mai 2014

La page blanche


A Paris, une jeune femme se retrouve perdue. Assise sur un banc, elle ne sait pas ce qu'elle fait dans cet arrondissement... Plus grave, elle ne sait plus qui elle est. Le lecteur suit la quête d'identité de cette jeune fille. Comment continuer à vivre quand on a oublié qui on est? Eloïse Pinson n'a aucun souvenir en ce qui la concerne, mais comprend le monde qui l'entoure. Sa perte de mémoire est qualifiée d'"amnésie de film" par les médecins. Elle semble inexplicable, improbable et provoque quelques situations cocasses. Est-ce que ce blackout serait l'occasion de s'offrir un nouveau départ?
La première collaboration de Pénélope Bagieu (dessin) et de Boulet (scénario) fonctionne à merveille. A partir d'un thème assez usé - l'amnésie - les auteurs ont réussi à imprimer leur patte et à livrer une histoire simple, fraîche et émouvante. 


Pénélope Bagieu au Salon du Livre de Paris (mars 2014)

jeudi 1 mai 2014

Une rencontre



Malgré un casting prometteur, le dernier film de Lisa Azuelos (LOL) n'est pas une réussite. L'histoire est bourrée de clichés et peu vraisemblable. Elsa et Pierre se rencontrent à une soirée et tombent amoureux. Ils refusent de céder à la tentation car Pierre est marié et heureux. Ils décident alors de s'en remettre au hasard. Par chance, le hasard est très généreux car ils se rencontrent très souvent... Les personnages sont très stéréotypés, surtout ceux proches de l'héroïne, écrivaine cougar branchée: le jeune amoureux collant, les copines bécasses et les adolescentes têtes à claques. Et que penser de Pierre, l'avocat heureux en ménage? Pas grand-chose... François Cluzet rate son entrée dans la comédie romantique. Il est très fade et mielleux face à Sophie Marceau, très à l'aise comme à son habitude dans le rôle de la belle femme spontanée. Enfin, le montage du film, entre réalité et fantasme, accentue l'impression d'invraisemblance.

Une rencontre qui ne nécessite pas le déplacement au cinéma! 


Je vais mieux de David Foenkinos



Si ce roman n'offre rien de bien original pour les fidèles lecteurs de David Foenkinos, il n'en demeure pas moins un récit agréable. L'auteur continue à explorer les thèmes du couple et de la séparation. Dans Je vais mieux, les problèmes du héros se manifestent à travers son mal de dos inexplicable. Sa vie va basculer sur le plan professionnel, personnel - et par conséquent émotionnel. David Foenkinos propose un beau personnage d'anti-héros masculin dont la vie se trouve remise en question. L'auteur reprend les thèmes chers aux romantiques : l'art comme moyen d'expression (le héros souhaitait devenir écrivain), la réflexion sur le passé et le ravissement par le rêve. Comme dans La délicatesse, la tonalité générale du roman est mélancolique, mais se conclut par une renaissance sous forme de "happy end".
Enfin, toujours avec le même humour, David Foenkinos en profite pour glisser ses motifs récurrents (les polonais, Cioran, les romans russes, la rhapsodie des rotules et la Suisse) et nous offre une sacrée digression sur la toile cirée!



dimanche 20 avril 2014

Contribution Savoirs CDI


SavoirsCDI - Logo

Vous trouverez ICI mes deux contributions au dossier Savoirs CDI "Le professeur-documentaliste et la problématisation : état des lieux " 

-Un projet SVT/Documentation en classe de 3e
-Formuler une problématique : l'approche par le questionnement 

Le dossier est réalisé par CANOPE Académie d'Amiens pour Savoirs CDI (sous la direction de Stéphane Monroval). 


samedi 22 mars 2014

Cinéma et Seconde Guerre mondiale


Ce mois-ci, deux films sont consacrés à la Seconde Guerre mondiale: Diplomatie et Monuments Men. Le premier est adaptée de la pièce de théâtre de Cyril Gély, le second du livre de Robert Edsel.

Le réalisateur de Diplomatie, Volker Schlöndorff, propose - sur fond historique réel - une fiction. En effet, le film traite du projet de destruction de Paris en août 1944, mais la rencontre entre le consul Nordling (André Dussollier) et le Général von Choltitz (Niels Arestrup) n'a pas eu lieu de cette manière. Tout l'intérêt du film réside dans le face-à-face entre les deux hommes, leur bataille à coup d'arguments et le doute qui s'installe peu à peu. Car le Général von Choltitz hésite entre son devoir d'obéissance et sa raison. Il illustre ainsi le concept de "banalité du mal" d'Hannah Arendt et celui du "bourreau ordinaire" du psychologue américain Stanley Milgram. Les deux acteurs sont excellents: Niels Arestrup nous fait ressentir cette complexité du choix et André Dussollier est très convaincant dans le rôle du diplomate.



Le film de George Clooney se déroule également en 1944. Monuments Men raconte  l'histoire de la petite unité spéciale de l'armée américaine (sept hommes cultivés dont les métiers relèvent du domaine des arts) partie à la recherche des œuvres pillées par les nazis. Malgré la gravité du sujet, le réalisateur a opté pour la légèreté:  musique patriotique entêtante et soldats partant la fleur au fusil. On se croirait presque dans un film d'aventure... Heureusement, George Clooney va plus loin en alternant passages légers et moments dramatiques et en proposant une réflexion sur la dimension patrimoniale et mémorielle de l'art. 

vendredi 28 février 2014

Pixar, 25 ans d'animation


 
Le Musée Art Ludique a ouvert ses portes le 16 novembre 2013 à Paris. Sa collection est consacrée aux œuvres issues de l'entertainment.

La première exposition est dédiée aux Studios Pixar et à ses techniques artistiques. La collection est présentée selon les trois principes chers à John Lasseter, directeur artistique de Pixar Animation Studios, à savoir l'histoire, les personnages et l'univers.

Les œuvres exposées sont de diverses natures et révèlent une véritable richesse artistique: peinture numérique, collage, croquis, aquarelle, gouache, fusain et crayon, sculpture en résine et même un kabuki de Cars! Elles permettent d'appréhender la genèse et les différentes techniques mises en œuvre pour réaliser un film d'animation. Des storyborads et des colorscripts réalisés au crayon, en peinture numérique ou au pastel permettent de se rendre compte du travail effectué en amont.

Tous les longs métrages sont représentés depuis le premier film Toy Story, en 1995. Ainsi l'espace muséal se compose de plusieurs salles thématiques regroupant les œuvres de 1001 pattes, Monstres et Cie, Le Monde de Nemo, Les Indestructibles, Cars, Ratatouille, WALL-E, Là-haut, Rebelle ainsi que les suites et certains courts métrages.

Enfin, le zootrope Toy Story qui produit l'illusion du mouvement des images est directement inspiré de celui du Musée Ghibli qui se trouve à Mitaka (Japon)!

À savoir: l'exposition avait été présentée au MOMA (Museum of Morden Art) de New York. Elle a été complétée depuis par des productions de films récents.

Pour info: la prochaine exposition du musée portera sur l'Art des Super-Heros Marvel (à partir du 22 mars 2014). 

Lien  http://artludique.com/

jeudi 30 janvier 2014

La vie rêvée de Walter Mitty


Walter Mitty travaille aux archives photographiques du magazine Life. Timide et rêveur, Walter est enfermé dans son quotidien. Lorsqu'il s'inscrit sur un site de rencontre afin d'entrer en contact avec une collègue, il a des difficultés pour booster son profil et réalise qu'il n'a rien fait d'extraordinaire. Dans certaines situations où il reste sans voix, il s'imagine artiste, employé impertinent ou encore super héros (ces scènes se manifestent sous forme de flash).

La perte d'un négatif pour la dernière parution du magazine Life et l'envie de séduire sa belle entraînent notre anti-héros dans une quête exceptionnelle du Groenland à l'Islande pour finalement aboutir en Afghanistan. 

Si le voyage est vain du point de vue professionnel, c'est une réussite personnelle permettant à Walter de se trouver.

Ben Stiller produit, réalise et tient le rôle principal de cette sympathique comédie US au bel happy end.

mardi 7 janvier 2014

La Reine des Neiges


L'adaptation Disney est très librement inspirée du conte d'Hans Christian Andersen (1844).
En effet, il n'est pas question ici de l'amitié entre les petits Kay et Gerda. Cette dernière décidant d'affronter le froid pour retrouver son ami retenu par les Reine des neiges.

Dans le dessin animé, nous suivons deux soeurs, Anna et Elsa, qui sont confrontées à l'exercice du pouvoir suite au décès de leurs parents. Quelques années plus tard, l'aînée, Elsa, est couronnée reine. Mais son pouvoir qui la ronge depuis qu'elle est enfant, plonge le royaume d'Arendelle dans un hiver glacial. Afin de protéger sa sœur, elle préfère fuir. Anna va donc partir à la recherche d'Elsa, accompagnée de Kristoff et de son fidèle renne Sven. Seuls le renne et la Reine des neiges apparaissent dans le conte danois, les autres personnages ont été inventés par les studios Disney.

Disney renoue avec la tradition du dessin animé chanté de princesse, déjà engagé avec Raiponce, conte allemand des frères Grimm, en 2010. Anna lui ressemble d'ailleurs par son caractère et son humour et la quête qu'elle mène aux côtés d'un jeune homme qui n'a pas les caractéristiques d'un héros. Dans ces deux dessins animés, les princesses n'épousent pas des princes, mais des hommes du peuple! Ces derniers sont leurs adjuvants, tout comme les animaux - Pascal et Maximus dans Raiponce et Sven et Olaf dans La Reine des Neiges.

Anna est un personnage classique Disney, elle représente la jeune et belle princesse à la recherche du grand amour. Elsa est plus intéressante, comme Merida (Rebelle, 2012) et Raiponce, elle est éprise de liberté, mais pas pour les mêmes raisons. Merida souhaite vivre sa passion et Raiponce s'affranchir tandis qu'Elsa souhaite avant tout protéger sa sœur de son pouvoir, même si celui-ci doit l'isoler. C'est grâce à ce dilemme que ce 53e "Classique d'animation" renouvelle le film d'animation de princesse. Raiponce, Merida et Elsa sont des héroïnes qui choisissent de prendre en main leur destin.



Trois princesses qui se ressemblent tant au niveau du physique que du caractère



Le conte d'Hans Christian Andersen



jeudi 12 décembre 2013

Une heure de tranquillité de Florian Zeller

Fabrice Luchini, magnifique en intellectuel incompris et blasé. 

Michel ne rêve que d'une chose : écouter Me, myself and I, un disque de jazz qu'il a miraculeusement trouvé aux Puces. Mais c'est sans compter sur sa femme en pleine crise existentielle, son fils marginal, sa maîtresse et son meilleur ami. Même l'ouvrier polonais et son voisin semblent vouloir l'en empêcher ! Tous les éléments du vaudeville sont présents : la pièce est basée sur un comique de situation et tourne autour de l'adultère avec des révélations en chaîne.

Fabrice Luchini est magnifique dans ce rôle d'intellectuel bourgeois incompris et blasé. Michel est seul face aux autres qui se fichent de sa trouvaille et il ne se sent pas plus concerné par leurs histoires de famille qu'eux par le jazz.

On pourra reprocher à Luchini de « voler la vedette » aux autres comédiens – apartés, clins d’œil et show final – mais soyons honnêtes, c'est bien lui qu'on vient voir ! Après avoir lu Philippe Muray et avant de reprendre la lecture de Céline en janvier 2014, Luchini s'offre une pause vaudevillesque qu'il ne faut en aucun cas rater. Cela tombe bien, car la pièce sera retransmise en direct prochainement sur France Télévisions.