vendredi 7 juin 2013

Projet prix littéraire BD

Voici le lien qui permet d'accéder au magazine réalisé avec des élèves de seconde dans le cadre d'une prix littéraire BD organisé en interne au CDI:

http://madmagz.com/fr/magazine/220902

Ce magazine a été réalisé sur le site Madmagz. Ce site est une belle découverte:  la prise en main n'est pas difficile, l'impression papier est peu onéreuse et de belle qualité.


Philippe Geluck, Le Chat


vendredi 10 mai 2013

Un été au bord de l'eau



Exposition "Un été au bord de l'eau, loisirs et impressionnisme"
Musée des beaux-arts de Caen

Alors que le Musée Jacquemart-André célèbre Eugène Boudin, l'exposition "un été au bord de l'eau" rend hommage aux lieux de villégiature et aux loisirs en plein air.
Cette exposition est organisée dans le cadre du festival Normandie Impressionniste (du 27 avril au 29 septembre 2013).
L'exposition s'ouvre sur La nymphe à la source d'Auguste Renoir et s'organise autour de 4 grands thèmes : sur la plage, le spectacle de l'eau, barques et voiles et à l'eau. 
Parmi les 80 tableaux, les Enfants jouant sur la plage de l'Américaine Mary Cassatt, Les Roches Noires à Trouville de Claude Monet, la plage de Trouville par Eugène Boudin, le tableau Vu du port de Lorient de Berthe Morisot,  les baigneuses de Renoir et Degas, le Pêcheur à l'épervier de Frédéric Bazille et une belle ouverture sur Matisse. 
L'exposition témoigne de la découverte du paysage côtier grâce au chemin de fer et du développement du tourisme et des loisirs. Le peintre quitte la ville et son atelier pour explorer la plage et les paysages de bord de mer. L'étude du corps reprend dans ce cadre toute son importance. 

Le + : de l'espace et de la lumière, à la différence des expositions parisiennes!



Mary Cassatt, Enfants jouant sur la plage, 1884.


Berthe Morisot, Vu du port de Lorient, 1869. 


Claude Monet, Les Roches Noires Trouville, 1870.

samedi 27 avril 2013

Des fourmis dans les jambes

                                  

Alex est un graphiste de 33 ans. Il vit à Paris avec sa femme et sa fille. Tout serait parfait si Alex n'était atteint de la sclérose en plaques depuis déjà treize années. Ce roman graphique, tout en nuances, est tiré de l'expérience d'Arnaud Gautelier (auteur de J'te plaque ma sclérose). 

Les thèmes de la maladie et du handicap sont traités de manière réaliste. Le choix du lavis est pertinent pour évoquer la souffrance. Les représentations des poussées d'Alex par Renaud Pennelle sont très évocatrices: visage crispé, pleurs, barbelés autour des jambes ou encore fourmis dévoreuses envahissant la page.
Si la douleur et la dureté des traitements sont omniprésentes, le récit n'en demeure pas moins teinté d'humour: les mésaventures en fauteuil roulant ou la blague d'Alex qui consiste à jouer l'handicapé qui se lève par miracle de son fauteuil. Arnaud Gautelier et Renaud Pennelle soulignent cette capacité d'autodérision du malade, capable de rire de sa situation.
Les auteurs ne manquent pas de relever toutes les absurdités des comportements humains induites  par la maladie: ce recours au "on", pronom personnel indéfini, qui envahit les conversations entre docteurs et malades, les pharmaciennes bien intentionnées qui proposent d'écrire la posologie sur les boîtes de médicaments, etc.

Une œuvre originale, consciente, touchante et subtile. Des fourmis dans les jambes a obtenu le prix Paroles de Patients en 2012.

mercredi 13 mars 2013

Exposition Dalí au Centre Pompidou

Du 21/11/2012 au 25/03/2013
Une plongée dans l'univers dalinien!




L'exposition Dalí propose plus de 120 tableaux, des dessins et des objets, des films et des documents d'archives. 

Le parcours est organisé de manière chronologique et thématique.

L'exposition met en avant les influences artistiques de Dalí qui explore à plusieurs reprises des oeuvres classiques : l'Autoportrait de Raphaël, Les Ménines de Vélasquez, La Dentellière de Vermeer, etc. 


Autoportrait au cou raphaélesque, 1921. Huile sur toile.

Image illustrative de l'article Autoportrait (Raphaël)
Autoportrait, 1506. Huile sur bois.

Dalí, l'artiste qui s'autoproclame "divin', se représente sous les traits du grand maître italien. 

Dalí s'intéresse également à L'Angélus de Jean-François Millet, dont une représentation trônait dans sa salle de classe. Il en fait d'ailleurs une interprétation délirante : les deux paysans viennent de tuer et d'enterrer leur enfant. L'artiste a créé la méthode paranoïaque-critique qui permet de promouvoir le délire et d'éviter par conséquent d'en être la victime. Ainsi, toutes les interprétations sont possibles!


Image illustrative de l'article L'Angélus
L'Angélus, 1857. Huile sur toile


L'Angélus architectonique de Millet, 1933. Huile sur toile.


Buste de femme rétrospectif, 1933. Porcelaine peinte et matériaux divers.

Dalí confectionne des objets surréalistes, des "objets irréels à fonctionnement symbolique". Dans le Buste  de femme rétrospectif, il glisse les deux paysans de L'Angélus. En 1936, son Veston aphrodisiaque met un terme à cette période de sa création. 

Veston aphrodisiaque. INA.

Encore quelques jours pour se rendre à l'exposition, de préférence avec billet coupe-file!

vendredi 8 février 2013

Hitchcock

Hitchcock retrace l'histoire du tournage de Psychose, le film le plus controversé du "maître du suspense". Ce biopic se concentre donc sur une période précise, l'année 1960 et la genèse d'un film. Réalisateur reconnu, Hitch, est à la recherche d'un sujet original pour son prochain film. Il va alors s'intéresser à un fait divers, l'histoire du tueur en série Ed Gein, en adaptant le roman de Robert Bloch.

À travers l'histoire de ce tournage, se dessine le portrait du couple Hitchcock, car il ne s'agit pas seulement d'Alfred, mais bien d'Alma et Alfred. Le couple rencontrera de nombreux obstacles: la frilosité de la MGM, le financement et la censure.  Le film de Sacha Gervasi se cristallise sur ce couple déterminé même si leur relation est mise à mal par le tournage du film. Alma se sent écrasée par le succès de son mari, elle doute de sa fidélité et souhaite être reconnue comme scénariste (elle travaille sur le script d'Un taxi pour Dubrovnik avec Whitfield Cook). Même si elle soutient Alfred, elle désire garder son train de vie (pour financer le film, Hitchcock hypothèque leur maison). Les époux se suspectent d'adultère, Alfred a toujours entretenu des relations ambiguës avec ses actrices blondes et Alma s'isole de plus en plus avec Whitfield. 

Helen Mirren est parfaite en femme avide de reconnaissance et la métamorphose d'Anthony Hopkins est remarquable même si sa diction est très accentuée (sans doute un effet du masque). La dimension comique apparaît à travers ce personnage excessif : boulimie, jalousie, misogynie et petites tyrannies d'un génie déterminé (sa razzia du roman Psycho par exemple).

Sacha Gervasi a misé sur l'originalité: un biopic centré sur une période très courte, des apartés d'Hitchcock, des  images mentales d'Ed Gein et une relation de couple explosive!


mercredi 30 janvier 2013

Printemps des Poètes 2013



Ce sont Les Chats Pelés qui ont réalisé l'affiche du Printemps des Poètes 2013.

Cette année, le thème est "Les voix du poème".

Un thème qui sied à merveille au chanteur, illustrateur et poète Christian Olivier!

A consulter :

http://www.printempsdespoetes.com/index.php?rub=1&ssrub=1&page=81


mercredi 23 janvier 2013

Alceste à bicyclette


Serge Tanneur (Fabrice Luchini) s'est retiré à l'île de Ré, loin du monde du spectacle. Gauthier Valence (Lambert Wilson), acteur de série télé à succès, désire renouer avec son ami pour monter Le Misanthrope de Molière. Vivant en ermite dans une maison délabrée dont il a hérité, Serge est devenu l'incarnation d'Alceste. Il abhorre le milieu artistique, ce "monde de rats" rempli d'ego. Ce n'est donc pas sans mal que Gauthier convainc son ami... Ce dernier accepte une semaine de répétition, à l'issue de laquelle il prendra sa décision. 

Philippe Le Guay filme le travail de répétition des deux hommes dans la maison de Serge qui ressemble à un vieux théâtre. Le spectateur est placé dans l'intimité des répétitions, Philippe Le Guay donne à voir ce qui n'est pas destiné à être vu. Ce travail est empli de tâtonnements, de disputes et de bonheur. Le registre comique fonctionne à merveille lorsque les deux comédiens sont interrompus par le téléphone de Gauthier, "le portable sur Molière" est une ineptie pour Serge! Et la prononciation excessive de Serge agace au plus haut point Gauthier! Les deux amis savent aussi être touchants, notamment lorsque les tirades d'Alceste et de Philinte font écho à leur vie.

Ce film est aussi l'histoire de deux quinquagénaires que leur mode de vie oppose. Serge est un solitaire qui ne fait pas attention à son physique (ses tenues ressemblent d'ailleurs à celles de Céline) tandis que Gauthier incarne l'artiste parisien à la coiffure et au manteau un peu ridicules. Les deux hommes représentent chacun une époque: Serge est un puriste tourné vers le passé (il déteste les téléphones portables, il se déplace à bicyclette et défend la langue de Molière en insistant bien sur la diction des alexandrins) alors que Gauthier est dans le présent et rêve d'un Misanthrope qui parle aux hommes d'aujourd'hui. Mais les personnalités des deux hommes sont plus complexes qu'elles ne paraissent. Serge est un ours qui ne demande qu'à céder tandis que Gauthier, avec son air de ne pas y toucher, n'est pas la personne qu'il prétend être. Les rôles de Philinte et d'Alceste ne sont pas si définis que cela, c'est la raison pour laquelle Gauthier et Serge ne cesseront de jouer à pile ou face les deux rôles...

dimanche 13 janvier 2013

Alceste à bicyclette


Alceste à bicyclette est le nouveau film de Philippe Le Guay (Les Femmes du 6e étage) avec Fabrice Luchini et Lambert Wilson (d'après une idée originale de Philippe Le Guay et Fabrice Luchini). L'occasion pour ce dernier de renouer avec Molière après son rôle de Monsieur Jourdain dans le Molière de Laurent Tirard (2007). Il interprète ici un comédien reclus dont le défi sera d'incarner le personnage d'Alceste. 
En salle mercredi 16 janvier!
                                                                   

mardi 1 janvier 2013

Bonne année 2013!

                   
                                                         Le Chat de Geluck

samedi 29 décembre 2012

L'Homme qui rit



Adapter la dense œuvre de Victor Hugo n'est pas une mince affaire... Le roman est un pavé de 800 pages. Jean-Pierre Améris (Les Emotifs anonymes) relève le pari en 1h30!
L'histoire se déroule en Angleterre, au début du XVIIIe siècle. Gwynplaine est un enfant au visage mutilé, une énorme cicatrice tranche sa bouche jusqu'aux oreilles. Abandonné, il sauve une jeune orpheline aveugle, Déa. Les deux enfants trouvent refuge dans la roulotte d'Ursus (Gérard Depardieu), forain éclairé. Les trois compères vont former une petite troupe de saltimbanques. Ensemble, ils créent un spectacle basé sur leur propre histoire: Ursus narre les malheurs de ces deux enfants qui jouent leur propre rôle. Gwynplaine (Marc-André Grondin) est un monstre condamné à se cacher ou à faire rire. Une bête de foire en somme dont seule la jeune Déa (Christa Theret), l'aveugle capable de discernement, voit la beauté. Mais Gwynplaine n'est pas en réalité un simple baladin...

Comme dans Les Émotifs Anonymes, il s'agit d'une histoire d'amour entre deux personnes hors des normes et condamnées par la société. Si l'univers des Émotifs Anonymes était coloré, la mise en scène de L'Homme qui rit est très noire, parfois trop. Cette ambiance gothique rappelle Tim Burton et sa figure du monstre (Edward aux mains d'argent). Le film joue sur les thèmes antinomiques laideur et beauté, misère et richesse, mal et bien, en écho aux personnages. 


Jean-Pierre Améris livre une conte philosophique noir et une critique acerbe des mœurs qui atteint son apogée lors du discours de Gwynplaine à la chambre des Lords. 


              
Gwynplaine (Marc-André Grondin) s'apprête à faire son discours

Tartuffe de Molière au Théâtre 95


Mise en scène de Mario Gonzalès
Collectif Masque

                                     

La première  représentation de  Tartuffe  ou l'Imposteur se déroule le  12 mars 1664  à  Versailles lors  des fastueuses fêtes des Plaisirs de l'Ile Enchantée organisées par Louis XIV.

En optant pour le masque et une mise en scène sobre, Mario Gonzalès offre une autre dimension à la pièce. L'attention est portée sur les personnages, les masques traduisent leur personnalité, celui de Tartuffe évoque la perversité à souhait. On ne saurait lui faire confiance. Il s'avère pourtant difficile de dessiller les yeux du disciple Orgon. Mario Gonzalès rappelle également aux spectateurs que Molière s'était inspiré de la Commedia dell'arte et de son comique visuel. Le comique de geste de Mariane est remarquable. Mais pour le Collectif Masque, "le masque, loin de susciter la farce, trace à traits durs les caractères d'une humanité entraînée dans une spirale infernale", c'est pour cette raison que Mario Gonzalès a choisi d'aborder la pièce sous l'angle de la sincérité. 

Le masque sied à Tartuffe, personnage de l'hypocrisie et du faux semblant, et ne manque pas de démasquer ce faux dévot qui "n'en [est] pas moins homme"!

                                        

mardi 6 novembre 2012

Dans la maison de François Ozon

Dans la maison affiche

Germain (Fabrice Luchini), professeur de français dans un lycée et son épouse Jeanne (Kristin Scott Thomas), galériste, forme un parfait couple d'intello bobo.

Professeur désabusé aussi bien par l'absurdité de l'évolution du système éducatif que par l'indigence des copies de ses élèves de seconde, Germain n'en est que plus troublé à la lecture du récit de Claude (Ernst Umhauer). Alors que ses camarades ont bafouillé quelques lignes sur une pizza consommée ou une privation de portable, Claude raconte, dans un texte bien écrit et sans faute, sa première entrée dans la maison de son camarade Rapha (Bastien Ughetto) sur un ton quelque peu condescendant. 

D'abord mal à l'aise face au caractère intrusif du texte, Germain n'en demeure pas moins fasciné. Et d'autant plus que Claude laisse son texte en suspens en annonçant "à suivre"...

Germain amène alors Claude à lire les grands auteurs et à poursuivre son travail d'écriture. Il initie l'adolescent aux techniques narratives et au schéma actanciel.

Dans une sorte de dépendance au texte, le professeur - qu'on découvrira écrivain raté - entraîne cet élève talentueux à poursuivre son intrusion dans la maison de la famille Rapha. Une famille normale de la classe moyenne, pour reprendre l'expression de Claude, dont le travail d'écrivain du jeune homme va perturber subrepticement l'équilibre.

Dans la maison est construit comme un bon roman à suspense. Que cherche l'adolescent? A prendre la place du père? Ou celle du fils? Cherche-t-il à manipuler cette famille et son professeur? Ou tout simplement est-il pris au jeu? Il arrive même au spectateur de douter de la vérité et tout comme Germain, il désire connaître la suite. L'art de François Ozon consiste à nous faire prendre un plaisir malsain, à alimenter notre voyeurisme à travers cette histoire de manipulation. On ne saurait condamner Germain tant le texte de Claude est un roman feuilleton haletant. 

Et la fin est à la hauteur d'un bon roman, comme l'a appris Germain à son élève, elle doit être à la fois surprenante mais évidente. Mais surtout le récit de Claude, tout comme le film, interroge notre rapport à l'histoire, à cet insatiable besoin de créer, de lire et de (se) raconter des histoires.

                  «Dans la maison» de François Ozon avec Ernst Umhauer et Fabrice Luchini.
           Claude (Ernst Umhauer) et son professeur (Fabrice Luchini)